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01/01/2019

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Sortir de la double contrainte

Double contrainte, double lien, double entrave, double bind, double injonction, injonction paradoxale… Les expressions sont nombreuses pour qualifier des situations qui laissent hagards.

 

Issue des travaux de Grégory Bateson (1956), anthropologue et psychologue américain, la double contrainte désigne deux messages ou deux ordres contradictoires. Vous ne pourrez satisfaire l’un sans contrevenir à l'autre.

 

Ainsi, quelle que soit la réaction de celui qui les reçoit, il est forcément mis en échec. Pour l’illustrer, on cite souvent l’histoire de cette mère qui offre à son fils deux cravates : l’une bleue, l’autre rouge. Pour recevoir sa mère quelque temps plus tard, le fils va mettre la cravate rouge ce qui lui vaudra d’entendre « Tu n’aimes pas la cravate bleue ! ». Le week-end suivant, pour lui faire plaisir, il met la cravate bleue et sa mère lui dit « Tu n’aimes donc pas la cravate rouge ! ». Il est donc toujours « perdant ». Autre exemple, un parent qui dit : « Fais moi plaisir en étant brillant à l’école » mais dont le langage non verbal (ton, mimiques) indique que si l’enfant le dépasse, il en sera malheureux.

 

On distingue la double contrainte de l’injonction paradoxale dans laquelle un seul ordre contient en lui-même sa propre contradiction. Exemple : « Soyez spontané ! » car la spontanéité ne se décide pas, « Sois grand mon petit ! ». La double contrainte empêche donc toute prise de décision adaptée. Elle génère des sentiments diffus de malaise, d’impuissance, de confusion des idées ou des affects. Elle donne le sentiment d’être en faute ou incompétent, d’être de trop ou spectateur de ce que l’on fait. Elle entraîne la perte de confiance dans son ressenti. Elle provoque des impasses relationnelles, peut rendre sans réaction, rend la situation « à priori » insoluble, inextricable. Elle pourrait même bloquer l’énergie vitale.

 

Les messages paradoxaux émaillent la vie quotidienne, dans tous les contextes : entreprise, couple, famille, groupes... Il est difficile d’y échapper dans le monde du travail où l'on proclame l’autonomie de l’individu tout en le maintenant dans un carcan. Bref « Soyez productifs ! » mais sans contrepartie. 

 

Comment sortir de la double contrainte ? La capacité à s'en sortir dépend des ressources personnelles, la conséquence positive de la double contrainte est d’obliger l’individu à développer une « double perspective créative ». Pour s’en dégager, l’individu est invité à : repérer la double contrainte, en prendre conscience, méta-communiquer et recadrer. Autrement dit, communiquer sur la communication en dévoilant les non-dits, en relisant la situation à un niveau différent.

 

Par exemple, communiquer sur l’absurdité d’une demande peut être une façon de la dépasser. Adopter un comportement différent : oser l’humour, la métaphore, la créativité, la spontanéité, s’impliquer, oser se révéler, oser être qui l’on est, faire différemment plutôt que davantage…

Il s'agit d'une véritable prise de risque identitaire qui encourage à être créatif plutôt que réactif.

 

Pour en revenir à l’histoire des cravates, cela pourrait consister à dire « Merci maman, tu viens de m’apprendre à être original car je vais porter désormais deux cravates ». Tous les deux, pourraient ainsi rire et prendre du recul par rapport à l’absurdité de la situation.

 

Et vous, les doubles contraintes, en vivez-vous souvent ?

 

 

 

 

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